Tranquilles, les filles !

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Les bébés moches

Le faire-part arrive souvent par la poste – les traditions perdurent – mais aussi de plus en plus par email. Il est souvent libellé de la même façon :

 « Bonjour, je m’appelle machin,
je mesure 0.51 cm et pèse 3.4 kg, je suis né à 12h12.
Mes parents kiffent leur race**.
Maman se porte comme un charme**»

* ils ne savent pas encore à quoi s’attendre …
** elle ressemble surtout à une grosse baleine échouée
dans son lit d’hôpital qui porte un slip en filet
et qui ne peut pas faire pipi toute seule.

 

Et en dessous de ce petit texte, une photo.
Première alerte. Elle est petite, floue et en noir et blanc : on a du mal à savoir s’il s’agit d’un nouveau né ou bien de la troisième échographie.
Alors on regarde mieux, et là, plus de doute : il a l’air moche.

Et merde …

Car voilà, évidemment, il va falloir épargner les parents. Parce que pour eux, évidemment, le machin qu’ils ont fabriqué eux même, c’est forcément le plus beau truc du monde. Mais si, rappelez-vous à l’école maternelle, quand on faisait cuire nos pâtes à sel. Avec le recul, on se rend bien compte que c’est moche à chier, mais sur le moment, on est super fier. « C’est nous qu’on l’a fait ».

Donc, préparons ensemble la première visite.
Car malheureusement, quand va s’opérer LA rencontre avec la créature, il faut mieux être dans les bonnes dispositions. Histoire de ne pas trop égratigner l’estime des néo parents.

Imaginez que vous arriviez dans la nouvelle famille, et qu’en découvrant le bébé vous sortiez, sans réfléchir, le fond de votre pensée : « oh mon dieu qu’il est laid !! ».

Moyen bof, hein ?
Surtout que vous allez devoir gérer la maman en train de fondre en larmes, et en plein baby blues, c’est vraiment pas beau à voir.
A proscrire, donc :

      • Aie … Quand même …
      • Et tu ne regrettes pas un peu maintenant d’avoir continué l’alcool pendant la grossesse ?
      • C’est de l’art conceptuel, presque. Hein ?
      • Ah tiens, je savais pas que ça existait, cette couleur …
      • On dirait ton grand père ! (c’est une fille)
      • Vaut mieux ça que d’être stérile, mais quand même …
      • Sérieusement ? Et vous êtes fiers ?
      • Ah mince … et vous pouvez plus revenir en arrière maintenant …

Mieux vaut tenter de ne pas heurter les géniteurs. Mais sans pour autant mentir, on déguise la vérité dans un compliment. De toute façon, par définition, le papa n’écoute pas et la maman est explosée, elle qui ne dort plus depuis la naissance, et puis elle sera trop occupée par ses 14 kilos en trop, ses crevasses et ses hémorroïdes pour tenter de percer l’éventuel sous entendu.

Préférez plutôt :

      • Un lieu commun passe partout : « Il est bien vivant, hein ! »
      • Ne rien dire. Sourire. Hocherla tête. Deuxfois. Sortir. Aller vomir en toute discrétion.
      • Une diversion : qu’est ce qu’elle est bien décorée, cette chambre !
      • Sortir son appareil photo : « je peux ? » (ne surtout pas rajouter que c’est pour une thèse sur le chainon manquant) et ajouter dans un clin d’œil « sans flash, hein, je voudrai pas que ça … euh … que IL se réveille ! »
      • On sait pas encore trop à qui il ressemble, hein ?


D’une manière générale
, il y a toujours un moyen de s’en sortir avec les honneurs.

C’est en tout cas une loi immuable de la création : les parents ne VERRONT PAS la vérité, même si elle est là, hideuse, dans leur bras, barbotant sans grâce dans une grenouillère trop grande. Vous imaginez, si les parents étaient conscients de la mochitude de leur bébé ? Le taux d’abandon flamberait ! (Notamment dans le Nord – Pas de Calais).

Et puis, pour les parents, inutile de donner le baton pour se faire battre. Pourquoi vous croyez que j’ai jamais mis de photo de ma fille ici … ?

 

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Bébé cool

Vas-y, commence pas à me saouler à me tenir le biberon, j'peux l'faire toute seule !

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Citation (2)

J’étais partie
pour acheter des peluches
à ma fille …

          mais je suis tombée

   sur un magasin  de chaussures.

 

 

 

Et voilà comment un petit bébé voit lui passer sous le nez un hippopotame en peluche.
Pour une paire de bottes.
A 160 €.

 

(Je sais qu’elle lira ces lignes. J’adore la faire culpabiliser. Je suis un enfoiré. Je sais.)

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Tu sais que tu es papa quand …

  • Il t’es déjà arrivé de rentrer chez toi, et de demander à ta femme si votre bébé avait « bien fait caca ». Avant même de lui dire bonjour. Et de trouver ça normal.
  • Tu as déjà retrouvé une dose de sérum physiologique dans les poches de ton jean alors que tu cherchais 20 centimes pour dépanner un collègue à la machine à café.
  • Tu ne te souviens plus la date de ta dernière grasse matinée.
  • Tu as déjà été sur le point d’appeler ta femme « maman ». Et tu t’es retenu. Et tu as bien fait. Mais quand même ça fait un choc …
  • Tu as calculé le prix de revient d’une couche à l’unité. Et tu t’es rendu compte qu’à moins de 26 centimes, c’était une très bonne affaire.
  • Tu t’es déjà sérieusement demandé si ton bébé t’en voulait, lui qui semblait pleurer systématiquement au moment où il y a un truc super bien qui passe à la télé. Alors que pendant la pub, on ne l’entend jamais. L’enflure.
  • Dans le même genre, tu as déjà donné le biberon assis devant une série sur ton ordinateur. Et pris pour prétexte que ça faisait partie de l’éveil du bébé. Après il sera épileptique, mais t’assume.
  • Avant, t’étais super à la bourre, et tu t’énervais parce que tu ne trouvais pas tes clefs ou ton portable, maintenant, t’es super à la bourre parce que tu ne sais pas où est le putain de doudou !!!
  • Ton bébé a plus de fringues que toi.
  • Tu as déjà goûté les petits pots. Et tu as tendance à préférer les desserts. Que parfois tu manges en cachette.
  • Réveillé par des pleurs au beau milieu de la nuit, tu as déjà dit à ta femme déjà en train de se lever « tu veux que j’y aille » en priant intérieurement pour qu’elle dise non.
  • Mais parfois, elle dit oui …
  • Tu fais trois machines à laver par jour. Et tu n’as pas le droit de mettre tes vêtements avec ceux du bébé. Donc les tiens s’entassent. Sales. Et tu n’as plus rien à te mettre. Bordel.
  • Tu as déjà intimé à ton bébé l’ordre de dormir une heure ou deux en pleine après midi. Juste histoire que tu puisses toi aussi faire une sieste. Tu l’as même supplié. Ça n’a jamais marché. L’enflure est inflexible.
  • Ton salon ressemble à « Ikea des petits » en plus petit et moins bien rangé.
  • Dans ta salle de bain, avant, il y avait un rasoir, un dentifrice, des brosses à dent et quelques cosmétiques. Désormais il y a des couches, une table à langer, 14 bouteilles de produits spécifiques pour bébé et un petit hippopotame jaune qui fait du bruit. Et aussi une putain de baignoire pour bébé qui prend tellement de place que quand tu vas pisser, la nuit, dans le noir, tu te cognes dessus et tu t’exploses les pieds. Dans le noir, oui, car tu économise l’électricité depuis que tu as été obligé de solder ton PEL afin d’investir dans du lait en poudre.
  • Au début tu étais content que ton bébé sache se retourner. Aujourd’hui, tu te dis que c’était le bon temps, avant. Et tu appréhendes vraiment le début du « quatre pattes ».
  • Parfois, la nuit, tu fais des cauchemars dans lesquels tu entends la musique abrutissante du jouet en mousse qu’une de tes tantes a offert au bébé et qui lui plait tellement qu’il n’arrête JAMAIS de jouer avec.
  • Tu as enfin une vraie excuse pour ne pas avoir réussi à faire telle ou telle chose. Pas le temps. A cause du bébé. Et cette excuse, tu l’utilises à fond. Et tu as raison. Faut bien qu’il y ait quand même des avantages, non ?

 

A suivre …
Et je suis sur que vous pouvez en ajouter quelques uns à cette liste, non ? 

 

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La crèche

C’est une zone parallèle qu’on atteint seulement quand on a la chance de devenir parent et d’avoir une crèche. Amis parisiens, vous pouvez aller lire un autre article, étant donné qu’à moins d’être sponsorisé par le député maire de votre arrondissement, il est impossible que vous connaissiez la crèche avant les 14 ans de votre aîné.

Le principe est simple : quand on dépose son enfant à la crèche, c’est qu’on en a besoin, car on bosse. En général, à peu près tous à la même heure. Ce qui fait que dans toutes les crèches de France, entre 7h45 et 9h, c’est sensiblement le même rituel.

Dans la nôtre, il faut déjà s’identifier au visiophone. Parce que tu rentres pas comme ça. La première fois, j’ai eu peur qu’il y ait un mec qui sorte, qui me scrute de bas en haut et qui finisse par me dire sans me regarder dans les yeux : « ouais, désolé, ça va pas être possible monsieur ». Bon. Mais en fait, non, j’ai pu passer le sas …

Et là, tu arrives dans l’antichambre de la crèche. En fait, un lieu d’examen. Un tribunal. Tu y passe en comparution immédiate, jugé par tes pairs.

Ça, je l’ai bien vu la dernière fois, lorsque je suis arrivé à l’arrache, avec un bébé pas coiffé sous le bras, une chaussette en moins et avec un bavoir dégueulasse, tout ça parce que ma petite n’avait rien trouvé de mieux que de me servir son combo préféré de « vomi-caca-pipi sur fringues toutes propres alors que t’es déjà super à la bourre bordel de merde ».

J’étais catégorisé : père indigne. Sentence rédhibitoire et immédiate.
J’aurais pas aimé les connaître pendant la guerre de 1940 ces enfoirés …

Oui, bon, je viens d'investir dans une tablette graphique mais je suis nul en dessin. Soyez indulgents :)

 

Après, il faut mettre des chaussons en tissu éponge. Il y en a un bac en plastique rempli, avec à l’intérieur des paires de toutes les couleurs. Donc séance d’humiliation obligatoire parce que pour les mettre, il faut te contorsionner dans tous les sens, assis comme un con sur un banc taille 2 ans et demi. C’est histoire de pas salir. Moi, systématiquement, je mets un point d’honneur à toujours prendre deux chaussons dépareillés.

C’est mon côté rebelle.
Genre on me soumet pas, moi. Je suis un hors-la-loi de la che-crè. Un hors-la-loi qui a l’air débile avec un pied rose et un pied jaune, certes, mais un hors-la-loi sans concessions.

Ensuite, tu peux enfin déposer ton moufflet à l’un des super héro qui passe sa journée enfermé dans cet endroit, et apparemment de façon volontaire. Respect total. Parce que je sais pas comment ils font pour travailler au milieu d’une quinzaine de mômes en fusion dès 8h du mat’, moi je me serai depuis longtemps suicidé dans la piscine à balles.

Il faut ensuite passer les consignes. C’est un peu comme une passation de pouvoir entre deux présidents de la république. On se file les codes de la dissuasion nucléaire histoire de ne jamais être pris au dépourvu.

Ça donne des dialogues un peu étranges :

« Bon. tout va bien. Elle a mangé à 7:00″
« 180 cc ? »
« Non, 150 seulement. Avec vitamine D »

« Ah. Bien. »

« Sinon, il y a un début d’Erythème … »
« B Pantène ou mytosil ?? »
« Comme vous voulez.  »

 » Ok … Et une selle ce matin ? »
 » Non. Juste du pipi. »
« Ah. »
« Bon, je vous la laisse ? »
« Oui. Merci. Bonne journée. »
« Bonne journée, bon courage …
A toute à l’heure »

 

Enfin, une dizaine de minutes après être entré, tu ressors, libre. Colis livré.
Maintenant, une journée de travail.
Enfin, un peu de répit …

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Parenthèse pub

Pour une fois, j’ai envie de faire un peu de pub pour un petit accessoire qu’on nous a offert il y a quelque temps déjà, et qui est, je crois, assez peu répandu en France.

Il nous vient de Grande Bretagne, et permet d’empêcher un bébé d’enlever ses chaussettes. Ça marche très bien.

Vendu en France sur internet. Voir le site de la marque et les adresses pour trouver un point de vent : http://www.sockons.co.uk/

 

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Le papa débutant

Cela fait quelques jours que notre petite commence à manger des petits pots. C’est une première pour elle, mais pas seulement. N’ayant jamais été en contact avec de jeunes enfants avant d’en produire un moi-même, il ne m’était jamais arrivé de donner à manger un petit pot de petit pois à la cuillère.

Honnêtement, je crois que je ne m’en sors pas trop mal.
Jusqu’à ce soir.

Le coup classique, quoi, le mec qui commence à se sentir en confiance, du coup il relâche un peu la concentration, et la faute bête : le téléphone sonne, je me lève pour le récupérer en laissant sur la table le petit pot ouvert, sans avoir pris la peine de l’écarter. Il a suffit de quelques instants. Le petit monstre est prompt à la connerie. Du haut de sa chaise haute, il s’en saisit, le tout ne dure qu’une fraction de seconde.

L’erreur du débutant …

 

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La secte du pédiatre

Toi, petit pourceau stérile qui t’attardes ici, et qui n’a pas encore enfanté, tu ne sais pas ce que ça veut dire d’aller voir un pédiatre, hein ? Alors que toi, papa ou maman avec déjà de la morve, du caca et du lait en poudre au compteur, tu vois de quoi je veux parler, j’en suis sûr.

Une secte. Une putain de secte.

Ça commence insidieusement, lors d’une discussion entre neoparents :

« tu vas voir qui, toi ? »

Au bout d’un moment, tu décodes :

  1. Tu sais qu’en face, on parle de môme (de toute façon, c’est ton unique sujet de conversation, en ce moment, t’avais pas remarqué ? Pourquoi tes potes célibataires te fuient ? Tu le trouve pas un peu crispé le sourire que tu obtiens en retour lorsque tu proposes de voir une énième photo de ton chiard ?)
  2. « Qui », c’est le pédiatre. Un spécialiste de la médecine dont tu avais vaguement entendu parler en regardant un épisode d’urgence. C’était le mec qui passait dans le coin, avec un stéthoscope et une peluche. Mais tu voyais pas le rapport. Ignare. Naïf. C’était le bon temps …

Car en 2012, mais ça date pas d’hier, il est de bon ton de faire suivre son enfant par un médecin. Disons que c’est plus simple, et que ça a quand même porté ses fruits dans la mesure où, à part dans le nord pas de calais, la mortalité infantile a quand même bien diminué en un siècle dans notre chère France.

Le concept du pédiatre, pour te le dire en deux mots, c’est exactement celui de la secte :

  1. Tu le supplies de t’accorder un rendez vous. Parce que c’est juste LE pédiatre que tout le monde s’arrache, qu’il suis tous les fils de bobos de ta ville et que tu kifferais juste de te la péter en rentrant toi aussi dans la secte.
  2. Tu fais style c’est normal de passer en consultation à 19h30 quand ton rendez-vous était à 15h. Ça tombe bien, tu avais bien envie de relire les numéros de ELLE de l’année 2003.
  3. Tu l’écoutes mettre en question ta façon d’élever ton gamin sans opposer le moindre froncement de sourcil. Tu espères avoir bon à chaque question qu’il te pose. Genre tu as envie d’appeler un ami ou de prendre le 50/50 lorsqu’il te demande si « elle a bien fait pipi aujourd’hui ? »
  4. Tu le payes. Cher. Et c’est pas tout à fait remboursé intégralement.
    Et tu dis « merci docteur ». Puis tu repars des étoiles dans les yeux.

Je vous raconte ça car à l’heure où j’écris ces lignes, je rentre d’une consultation.
Il est minuit.
Et je ne déconne pas …

On avait rendez-vous à 19h30. Comme on savait que le loustic était pas des plus ponctuelles, on a téléphoné d’abord à la secrétaire. Qui nous a dit de venir plutôt vers 21h30. Arrivée dans la salle d’attente, on était pas tout seuls … Trois personnes devant nous.

Dans la salle d’attente, il y a cette petite affichette, collée au mur.
« Séjour » … Le mot est parfaitement adapté …


On est ressorti de là vers 23h30.
Avec un autre rendez-vous pour dans quinze jours. (« Venez un peu plus tôt, vers 19h », a dit le docteur. Je crois qu’il ne plaisantais pas… )

Je suis pas encore sûr de vouloir rentrer dans la secte…

 

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L’apocalypse de la couche

Nous le savons depuis quelques six mois que nous l’étudions : le bébé est une machine infernale. Je ne sais pas qui l’a inventé, mais il a fait du bon boulot. Respect.

C’était une fin d’après midi ordinaire.
Sur le papier, les taches à accomplir étaient simples :

  • La faire boire son biberon de 17h
  • Lui donner un  suppositoire pour calmer un début de fièvre
  • La changer et la mettre en pyjama
  • La coucher pour qu’elle arrête de nous faire chier qu’elle se repose un peu

Bien. La phase 1, ça a été. Pas la peine de s’appesantir dans les détails. C’est à partir de la phase 2 que ça se complique, et j’en parle ici car je suis sûr que je ne suis pas le seul à l’avoir vécu. En revanche, je vous préviens que vous n’aurez peut être plus faim après avoir lu les lignes qui suivent.

Je la dépose sur la table à langer. Lui enlève sa couche. Elle est relativement propre. Pas de caca. Je la nettoie donc car sinon je me fais engueuler elle va avoir des irritations. Je prépare le médicament.

 

Mode d’emploi en théorie :
Ouvrir le sachet, prendre le petit suppositoire et l’introduire dans l’anus. serrer les fesses du bébé et attendre trois secondes. Laisser agir le médicament.

Réalité :
Ouvrir le sachet. Se demander par quel bout on introduit ce machin là. Regardez la notice en tenant le bébé d’une main pour pas qu’elle se casse la gueule. S’étonner du fait que c’est par le bout droit et non arrondi qu’il faut lui mettre. Le faire. Serrer les fesses. S’apercevoir que le machin est en train de ressortir. Serrer plus fort. Il ressort quand même. Comprendre pourquoi. Il n’est pas seul. Faire : « ah … » Agir. Essayer (dans un réflexe de pingrerie qui pose question) de récupérer le suppositoire en plongeant ses doigts dans le caca. Retenir sa respiration car ça pue. Grave. Essuyer le derrière de sa fille qui semble se rendre compte de rien et qui gazouille à donf. Apercevoir son reflet dans le miroir. Abandonner toute estime de soi. Abandonner aussi le suppositoire. « Tant pis ». En prendre un autre. Attendre d’abord que l’autre ait fini de faire ce qu’elle a à faire. Recommencer. Introduire le suppositoire. Serrer les fesses. En fait elle avait pas fini. Et merde. C’est le cas de le dire. Faire tomber les 6789 trucs qui jonchent le plan de travail de la salle de bain en essayant de choper un mouchoir viiiiiiite. Trop tard. Faire le deuil de sa chemise propre. Se demander d’un coup pourquoi c’est chaud sur sa main. Réaliser qu’elle est en plus en train de faire pipi. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à gazouiller tranquille. Etre heureux d’être seul, sans témoin. Arriver tant bien que mal à tout nettoyer. Oh putain elle recommence. Mais quelle chieuse. C’est encore le cas de le dire. Pas de bol, il n’y a plus de mouchoirs dans la boîte. Tant pis pour les doigts. Et voilà qu’elle régurgite le lait du biberon de 17h. Bordel.
Envisager une auto vasectomie.

Bilan des courses : 2 suppositoires sacrifiés. Ainsi qu’une chemise propre. La salle de bain ressemble à un champ de bataille. La poubelle déborde de mouchoirs dégueulasses. Il y a une odeur inimitable. Et un bébé qui fait style il n’a rien vu alors qu’il nage dans un liquide étrange fait de pipi, de lait régurgité, d’eau et de produit nettoyant.

Et avec tout ça, elle n’a pas eu son médicament.

Le bébé est une machine infernale bien rodée.

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